La petite robe de Paul
La
petite robe de Paul
de Philippe Grimbert, psychanalyste, auteur de plusieurs best sellers dont
« Le secret »
Mise en scène de Frédéric Andrau
Avec Fabrice Moussy, Valérie gabriel,
Andréa Brusque, Anna Strelva, Léa Wiazemsky
Paul n’a jamais rien caché à sa femme. Un jour, il est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche d’enfant en vitrine d’un magasin. Il finit par l’acheter. La présence dans la maison de cette petite robe cachée, découverte fortuitement par son épouse, engendre des soupçons sur une seconde vie de Paul, soulève les non-dits accumulés, réveille des rancoeurs et dénature inéluctablement les rapports de couple
Salle Rabelais
jeudi 12 novembre 2009 à 20h30
Plein tarif 30 € - Abonnés 26 € - Jeunes 10 €
Malgré un propos un peu hermétique où l’empathie n’est guère possible à cause d’un texte très fouillé et littéraire, ce spectacle recèle un énorme potentiel avec une mise en scène ambitieuse et une interprétation convaincante.
Paul découvre dans une vitrine une petite robe blanche qui le laisse
dans un état d’éblouissement total et proche de la folie, au point
qu’il l’achète, dans une petite taille, la ramène chez lui sans
personne à qui l’offrir et la cache. Son épouse Irène la découvre et
échafaude un scénario de la femme bafouée et trompée qui fait ressurgir
les vieux démons d’un passé plus que trouble.
Ce n’est pas à proprement parler un règlement de comptes en famille à la manière de Mauriac ou Hervé-Bazin que propose Philippe Grimbert avec ce texte pourtant très littéraire. L’auteur part d’un fait totalement anodin et en diffuse tout le chamboulement qu’il va induire sur un personnage et, par effet de ricochet, sur l’entourage proche.
Une cérébralité constante
L’un des éléments essentiels de la mise en scène est le décor. Les comédiens évoluent sur une structure métallique horizontale tendue d’un tissu, ce qui rend difficiles les déplacements des personnages, en perpétuel déséquilibre. Cette métaphorisation de l’esprit humain, toujours prêt à tanguer et vaciller, est du meilleur effet, permettant d’osciller sans cesse entre fantasme et réalité. Mais ce décor, décidément très réfléchi, est modulable à l’envi, disparaît et apparaît en un tournemain, avec cette souplesse propre qu’ont l’imagination et la mémoire pour s’accommoder de tout. Il résulte ainsi une cérébralité constante baignant ce spectacle d’un abord difficile mais qui se donne les moyens de ses ambitions, tant dans le registre technique que du côté des interprètes qui n’ont pas la tâche aisée.
Franck BORTELLE (Paris)

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