Théâtre de Saint-Maur-des-Fossés

Avant la Cérémonie

Avant la Cérémonie

de Naïm Kattan, prix de l'Académie Française 2007

Mise en scène de Florence Camoin

Les 7 et 8 avril 2009 à 20h30

avec
Rufus
Michelle Brûlé

Yaël Elhadad

Sylvie Guermont

Franck Bussi

Christine Kotschi ( création musicale)

Mitchélée (chant)

Anne Gayan (création lumières)

A l'occasion des 60 ans d'Israël

Une coproduction

ATC, Théâtre de Saint-Maur

Espace Rachi, centre d'Art et de Culture

Production Théâtrotexte

Résidence de création

du 1er novembre au 23 décembre 2008

au Théâtre de Saint-Maur-des-Fossés

Représentations à Paris du 3 janvier au 8 février 2009

Représentations à Saint-Maur les 7 et 8 avril 2009

La ville de Saint-Maur vient de se jumeler avec la ville de 

Ramat Hasharon en Israël


C'est le moment des retrouvailles d'une famille juive séfarade à Montréal, vingt ans après la séparation, peu de jours avant la cérémonie de mariage qui va unir Ruth et Ben.

« Avant la cérémonie » nous permet de découvrir les blessures secrètes, jamais cicatrisées, d'un couple de jeunes étudiants juifs qui, en pleine naissance de l'Etat d'Israël, se sont lancés dans la vie, dans le voyage vers la terre promise, sans en mesurer les conséquences. Deux univers, deux façons d'envisager l'avenir, deux conceptions des valeurs humaines et spirituelles, ont vite tracé une frontière infranchissable et provoqué un divorce…

David a voulu vivre en Israël en ces années cruciales de la fondation de l'Etat. Myriam l'a suivi sans discuter mais a très vite craqué, en manque de confort, de sécurité, de calme, ne supportant pas le Kibboutz. Elle a quasiment pris la fuite avec sa fille Ruth, à peine âgée de huit ans. 

Vingt ans après, Ben, le fiancé de Ruth, épris lui aussi d'Israël, a fait le voyage pour aller chercher son futur beau-père et le ramener à sa famille…

Voici donc, Myriam, Ruth et David, à nouveau face à face, après toutes ces années de silence, comme si Ben avait pressenti qu'il fallait  d'abord refermer la plaie pour pouvoir (re)commencer.

Face à face, il va falloir parler, dire, accoucher la douleur. Les paroles sont allusives, lourdement chargées par le poids du passé… On oscille entre la violence du non-dit et la tendresse des aveux, des regrets… Les deux jeunes fiancés sont les catalyseurs d'un possible dialogue entre les parents par leur idéalisme tendre et leur enthousiasme comme si tout devenait finalement tellement plus simple. Ils sont inéluctablement prêts à vivre ce grand amour qui a échappé aux parents de Ruth.

Rivkha, qui a élevé Ben toute seule, est elle-même arbitre par son bon sens, car elle a déjà tiré les conséquences de son propre chemin…


Naïm Kattan

Il est né à Bagdad. Il est Juif. C'est en langue arabe qu'il a rédigé ses premiers écrits. Installé à Montréal depuis 50 ans, c'est comme essayiste, romancier et nouvelliste francophone qu'il a fait sa marque. « J'ai choisi, comme immigrant, de vivre en Amérique française et dès lors j'ai décidé, comme écrivain, de m'exprimer uniquement en français. »

Dans ses 35 livres, Naïm Kattan n'a eu de cesse d'aller à la rencontre de cultures différentes, de réfléchir sur les rapports humains et leur diversité. Son oeuvre, traduite en plusieurs langues dont l'arabe, est célébrée partout pour son universalité. On dit de l'auteur de La Réconciliation qu'il est un « passeur », qu'il représente le « carrefour des cultures à lui seul ».

Outre la langue arabe, il pratique l'hébreu, l'anglais et le français. En plus de collaborer à différentes publications en Irak, où il s'est taillé une place comme critique spécialisé en littérature française, il signe des articles dans la presse parisienne.

En 1967, il est nommé responsable des lettres et de l'édition au Conseil des Arts du Canada, où il oeuvrera pendant 25 ans.

Son premier livre, Le Réel et le Théâtral, un essai novateur sur les différences entre l'Orient et l'Occident, paru en 1971, lui vaut les louanges d'André Malraux.

Naïm Kattan a l'habitude de dire qu'il est né trois fois : la première à Bagdad, la deuxième à Paris et la troisième à Montréal.

Naïm Kattan est aujourd'hui considéré comme un « pionnier de la défense de la langue française dans les milieux juifs et migrants au Québec et au Canada ». Les honneurs et les hommages à son endroit se sont multipliés au cours des années : officier de l'Ordre du Canada, officier de l'Ordre des arts et lettres de France et chevalier de l'Ordre national du Québec, il a reçu en 2002 les insignes de chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur de France.

Il y a plus de 30 ans, l'écrivain migrant concluait ainsi son premier livre : « Je n'accepte pas la fixité des lieux sûrs et le confort des certitudes. » Il n'a pas dévié de sa voie. Reprenant la formule de Gaston Miron qui disait qu'« un amour ne nie pas un autre amour, mais l'intègre et le contient », Naïm Kattan affirme aujourd'hui : « Pour moi, une culture ne nie pas l'autre. Mes cultures ne se font pas concurrence. »


Article ajouté le 2008-11-26 , consulté 70 fois

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